Eglises de Corse
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Diocèse NEBBIO Ville CANARI
Piève CANARI Monument SANTA MARIA ASSUNTA
       

Façade ouest
Façade nord Façade sud
Façade est et détail
 
Façade ouest, détails



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L’église Santa Maria de Canari est certainement parmi les plus tardives des églises romanes de style pisan en Corse : elle est généralement attribuée à la fin du XIIe ou au début du XIIIe siècle, mais le style roman importé par les Pisans a pu perdurer même au-delà.
Dans les documents anciens, elle est mentionnée comme la seconde église du diocèse du Nebbio, par ordre d’importance après la cathédrale Santa Maria Assunta de Saint-Florent.
Comme c’est assez souvent le cas en Corse, elle a subi quelques remaniements, sans doute au XVIIIe siècle. Par souci d’économie, la vieille église romane n’a pas été détruite mais remise au goût du jour : elle a perdu son abside pour recevoir un chœur carré, et la nef a été couverte d’une voûte, qui s’est d’ailleurs récemment effondrée. Mais la majeure partie de l’édifice est restée d’origine et a conservé son très bel appareillage de dalles à joints vifs.
On sera frappé par la ressemblance de style avec l’église romane du couvent de Santo Pietro di Tenda. Dans ces deux cas, le style de la décoration sculptée, faite pour une bonne part de masques humains aux expressions variées, est plutôt rigide et dénonce les maladresses d’un style conventionnel figé, ou une mauvaise copie. La technique de taille de la pierre est en effet impeccable tant qu’il s’agit des dalles régulières qui composent l’appareillage des murs ; la corniche à arcatures est déjà un peu plus fantaisiste, du fait d’une certaine irrégularité dans la dimension des arcs. Il semble enfin que les tailleurs de pierre qui ont réalisé ces arcs monolithes n’aient pas voulu les évider complètement pour constituer une corniche classique, comme par exemple à l’église-cathédrale du diocèse, à Saint-Florent, mais aient préféré profiter de cet espace pour rajouter des motifs décoratifs, avec plus de liberté et sans le souci de régularité qu’on peut trouver en façade à Santo-Pietro-di-Tenda. Pour être assez maladroitement exécutés, ces petits reliefs n’en sont pas moins pittoresques, voire caricaturaux, comme à San Michele de Murato.
Mise à part la large fenêtre ouverte au-dessus de la porte principale, la façade a conservé son allure romane. Surmonté du classique arc de décharge encadrant un tympan nu, le linteau de Santa Maria est une belle pièce finement travaillée en léger relief, ornée de motifs végétaux stylisés, comme les deux corbeaux légèrement saillants qui le supportent.
Encastrés dans les murs, on remarquera plusieurs autres masques humains accompagnés d’inscriptions et de dates en chiffres romains, du XVe siècle, correspondant sans doute à des inhumations. On reconnaît aussi la silhouette d’un petit château à trois tours crénelées, la centrale étant la plus haute.
L’église a été inscrite à l’Inventaire des Monuments Historiques en 1995.

Laurent CHABOT
Monuments de Corse
Edisud 2003

 

Façade ouest, détails
Détails mur nord
Détails mur sud
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