Eglises de Corse
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Diocèse AJACCIO Ville AJACCIO
Piève AJACCIO Monument SAN PIETRO de PANICALA
       
Départ d'itinéraire

Coté ouest
Gauche Centre Droit
Intérieur abside

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Il ne reste peut-être plus grand-chose de la chapelle romane San Pietro de Forciolo – principalement une belle abside – mais ses ruines ne manquent pas de charme ni d’originalité.
Comme pour trop de chapelles romanes en Corse, on sait peu de choses sur elle : c’est certainement une chapelle assez tardive, attribuable au XIIIe siècle, à la fin de la période pisane. Son style est en effet clairement roman, mais montre une certaine maladresse d’exécution. D’après Mgr de la Foata, évêque au XIXe siècle originaire de la région, cette église de si petites dimensions était cependant la chiesa matrice (l’église-mère) du Panicala, la micro-région comprenant le territoire des villages de Forciolo, Ampaza, Azilone et Zigliara.
En 1587, elle est signalée dans le rapport de la visite pastorale de Mgr Mascardi : il mentionne d’ailleurs le fait que l’église a un campanile avec deux cloches, ce qui n’est pas si fréquent. On remarquera en tous cas (en lumière rasante de préférence) la date de 1567 gravée assez sommairement à mi-hauteur du mur immédiatement à gauche de l’abside, à l’intérieur. Ce ne peut être la date de construction, mais il est possible qu’on ait voulu indiquer la date d’une restauration de l’édifice sacré : les murs latéraux portent effectivement les traces d’importantes réfections.
L’abside, elle, est intacte et semble avoir conservé toutes ses caractéristiques d’origine. On y retrouve la classique corniche à arcatures ornée de modillons, mais traitée de façon assez gauche. L’architecte n’a pas respecté les proportions, et les modillons se trouvent surdimensionnés par rapport aux arcs de faible diamètre ! Leur décor est traditionnel, avec des têtes d’animaux, des croix, des motifs géométriques, une façade d’église à trois nefs, la corniche étant surmontée d’une épaisse cordelière passant dans de faux anneaux sculptés qui veulent donner l’illusion que le décor est suspendu devant le mur semi-circulaire de l’abside. Ce mur est par ailleurs appareillé en beaux blocs bien équarris, dont l’assemblage est cependant approximatif : on repère çà et là une tentative de chaînage, par alternance d’assises larges et minces, mais c’est surtout la fantaisie qui domine et rend cette petite abside si pittoresque. Elle rappelle de fait assez bien l’appareillage soigné mais polygonal des maisons-fortes du XVIe siècle (fréquentes dans le secteur) où l’agencement des blocs forme des assises encore plus irrégulières et où le muratore procède à un rattrapage par calage de petites pierres dans les interstices.
Malgré sa petite taille – seulement 8 m sur 5 – l’église a reçu un décor soigné, équivalent à ce que l’architecte a peut-être pu observer dans les grandes églises du sud de l’île : l’abside a trois fenêtres au lieu d’une, le fronton oriental avait aussi sa corniche à arcatures (il en reste des vestiges) comme sans doute le fronton occidental. Placée au carrefour des villages qu’elle desservait, l’église-mère du Panicala, encore utilisée à la fin du XVIe siècle, n’a dû être abandonnée qu’avec la construction des églises paroissiales dans les quatre villages.

Laurent CHABOT
Monuments de Corse
Edisud 2003

Gauche Droit
Détails mur d'abside intérieur
Extérieur est

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Détails abside de gauche à droite



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En 2015 ont commencé des travaux de restauration. Voir l'article de Corse-matin du 08 mars 2015


Fin février 2016 c'est une structure de protection qui est installée.





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