Eglises de Corse
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Diocèse SAGONE Ville MONTEMAGGIORE
Piève PINO Monument SAN RAINIERO
       


vue depuis la route D151
façade occidentale

détail gauche détail centre détail droite
porte ouest détail gauche détail droit
porte ouest détail gauche détail droit
façade sud
Abside
fenêtre sud est fenêtre est fenêtre nord est
porte nord fenêtre nord est fenêtre nord ouest

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L’église San Rainiero, encadrée de cyprès, s’élève sur le replat d’une colline, à l’écart du village comme c’est presque toujours le cas en Corse à l’époque romane.
Le culte de San Rainiero, un saint pisan, est un bon jalon dans la datation difficile des églises romanes corses. En effet, le saint homme vécut de 1118 à 1161 : ce noble citoyen de Pise eut une fin de vie exemplaire, après une jeunesse dissolue. Ce vocable est unique en Corse et l’édification de l’église pourrait avoir suivi de peu la mort du saint. San Rainiero de Montemaggiore serait ainsi datable de la fin du XIIe siècle. Elle était l’église principale de la pieve de Pino. D’après un document d’archives, une foire importante de commerçants pisans se tenait autour de l’église chaque année le jour de la fête du saint, et cela dura tant que dura la domination pisane dans l’île. Un des évêques de Sagone résida même à Montemaggiore après la destruction de la ville côtière. A côté de la chapelle, une petite maison abritait un ermite : la légende raconte qu’au XIXe siècle, un des derniers se rendit à Montemaggiore pour avertir la population de l’apparition de trois petites lumières dans l’église. L’évêque fit faire des fouilles dans le chœur et on y trouva trois ossements de San Rainiero…
San Rainiero est une assez grande église à une seule nef, terminée par une abside semi-circulaire percée de trois fenêtres. La porte principale est plutôt soignée : son linteau, simplement porté par deux consoles moulurées, est légèrement surhaussé au centre, comme une amorce de linteau en bâtière, et surmonté d’un arc de décharge formé de claveaux concentriques et d’un tympan, uniformément en granit sombre. Le tympan monolithe est ajouré d’un motif en forme de croix qui devait être à l’origine comblé par une incrustation en pierre plus claire. C’est le seul décor de la façade, avec les deux têtes en relief sculptées de part et d’autre de la croix ajourée du fronton.
Cette église, bien que moins spectaculaire que sa consoeur d’Aregno, est également construite en bel appareil régulier, parfaitement taillé, et enserrée comme elle dans un enclos cimétérial. Un timide essai de bandes murales en façade, le souci de la dichromie dans l’agencement des blocs de granit gris et blanc de l’abside semblent indiquer que le maître d’œuvre a fait une tentative de décor polychrome et a abandonné son idée en chemin. L’absence presque totale du traditionnel décor sculpté – arcature à modillons, par exemple - peut aussi être interprétée comme un manque de moyens, qui aurait poussé à la simplicité.
L’église a été classée Monument historique en 1930.

Laurent CHABOT
Monuments de Corse
Edisud 2003




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