Eglises de Corse
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Diocèse SAGONE Ville SALICE
Piève CRUZINI Monument SAN GIOVANNI BATTISTA
       
Départ d'itinéraire

Cuve baptismale ou bénitier ?
actuellement encastré dans le mur
devant l'église paroissiale (vue de dessus)
Plan Cuve baptismale ou bénitier ?
actuellement encastré dans le mur
devant l'église paroissiale (vue de profile)

 

Une équipe de choc à l’assaut du temps

                                                                                                                Dimanche 2 avril 2006

Après une marche dynamique de ¾ d’heure à partir de l’église de Salice, dans un beau sentier muletier,  apparaissent les vestiges  de l’église de Saint-Jean, adossés à une cabane en pierre délabrée.
Là, enserrant colonnes et pierres taillées disposées selon un ordre qui  échappe aux archéologues novices que nous sommes, se révèle le règne végétal  à la fois dans  sa grandeur et dans sa petitesse: non loin d’un  chêne indéracinable qui écrase de toute sa majesté nos frêles silhouettes d’humains, trois minuscules fleurs de cyclamen inclinent leurs pétales rosés,  si fragiles qu’un seul pas maladroit ou indifférent leur ferait rendre l’âme.
A l’abri des multiples moyens de communication modernes, seule au monde,  l’équipe fourbit ses armes, d’égale à égale avec la nature, machette, coupe-coupe, faucille, sécateur, scie,  des outils qui ne rompront pas le bienfaisant silence délicatement ponctué de quelques trilles d’oiseaux, et du bruissement des feuilles sous la brise. Les ronces, déjà mises à mal lors d’une précédente expédition, devront s’apprêter, cette fois-ci, à perdre une bataille (sinon la guerre, car les ronces ne se rendent jamais !)
Un muret de pierre, qui se croyait enseveli pour l’éternité, ressuscite  à la lumière du jour, encore gaillard malgré le poids des ans.
Un olivier centenaire au bord de l’asphyxie est délivré par un assaut vigoureux de Jacky et de Boris. Les cadavres végétaux qui jonchent le sol, sont écartés sans pitié du champ de bataille.
Quant à Jean-Marc, il attaque avec fougue une forteresse quasiment inexpugnable. Les lianes, astucieuses,  s’agrippent sauvagement,  telles des pieuvres géantes,  à son impeccable tee-shirt bleu roi. Mais sa ténacité et sa résistance ont raison des perfides.
Pendant ce temps, les mousses qui rongeaient avec une douceur inexorable les colonnes de l’édifice sacré sont détachées par une main féminine. Et voici qu’apparaît une étrange inscription  FAGEC  19XX.  Nom de l’équipe qui a reconstitué la colonne ? 1920 ? ou 1988 ? Les hypothèses fusent, dans l’indécision générale. L’énigme sera bientôt résolue : la FAGEC* est bien l’organisme qui a travaillé à la reconstitution de certains éléments de l’église en 1988.
L’étrange rocher massif en forme de bassin ou de fauteuil, suivant l’usage qu’on veut en faire, retrouve, lui aussi, sa dure et austère pureté originelle, sous les jeux d’ombre et de lumière du jour finissant.
La journée se termine pour les combattants avec la satisfaction du devoir accompli.
Dans ce lieu où des humains ont bâti, vécu, aimé, tremblé, prié, il y a plus de 500 ans, (mais où donc est le cimetière ?) d’autres humains, par cette belle journée de printemps de l’année 2006, sont venus, en signe de respect, leur dire qu’ils n’ont pas oublié.
                                                                          
                                                                                                                    Laetitia Casanova

   
*La F.A.G.E.C. est une fédération d’associations culturelles corses qui participe à la sauvegarde et à la mise en valeur du patrimoine insulaire. Elle a été fondée le 5 décembre 1970 à Corte.


 
Masure rurale édifiée
avec les pierres de l'église.
 
 
De gauche à droite
Jacky, Laetitia,
Boris, Jean Marc
 

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