VILLAGE MEDIEVAL D'ORTOLO
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Ville SARTENE
Monument SAN GHJUVANNI DI L'URTOLU



Carte Corse
des fouilles
Téléchargez un extrait de la revue Terre du sud
de septembre-octobre 2003 au format pdf


Le texte ci dessous est est la reproduction de la page 5 du fasicule TERRE DU SUD édité par le Conseil général
de la Corse du Sud dans son numéro 4 de septembre-Octobre 2003
   
Dans le cadre du reportage sur le canton de Sartene, nous avons souhaité donné la parole à Gilles GIOVANNANGELI, Sartenais, professeur agrégé d’histoire géographie à Nîmes, passionné d’archéologie et spécialiste du Moyen-Âge.
   

Vous passez toutes vos vacances à SARTENE et vous consacrez votre temps libre à des fouilles archéolo¬giques et cela bénévolement : pourquoi ?

Tout d’abord parce que SARTENE est ma vile natale et que c’est au cours des mes études au lycée qu’est née ma passion pour l’archéologie, à une époque où l’on commençait à découvrir la richesse du patrimoine préhistorique de ma région. Mon métier d’enseignant en histoire m’a tout naturellement amené à prolonger cette passion en m’intéressant à l’archéo¬logie médiévale et cela fait plus de 10 ans que j’orga¬nise chaque année les campagnes de fouilles dans le village d’ORTOLO situé non loin de Sartène.


En quoi ce village est-il intéressant ?

Il est intéressant à plusieurs titres. Tout d’abord car il montre que la région de SARTENE, bien connue pour ses vestiges mégalithiques, possède également un patrimoine médiéval un peu oublié : des chapelles romanes, des forte¬resses seigneuriales et des villages abandonnés. Le village que nous fouillons était au Moyen-âge une agglomération importante puisque l’on a recensé une trentaine de maisons, de petits bâtiments artisanaux dont une forge et 2 tours érigées sur des boules de granit. Les fouilles permettent de reconstituer les activités, la vie quotidienne et la société villageoise. Loin d’être repliés sur eux-mêmes, comme on pourrait le penser lorsque l’on découvre aujourd’hui ce site perdu dans la forêt sur les contreforts du massif de CAGNA, en réalité les habitants étaient autrefois en contact avec le reste de l’île et recevaient par ROCCAPINA ou BONIFACIO des produits de toute la Méditerranée.


Pouvez- vous nous décrire vos conditions de travail ?

Elles sont diffi¬ciles car le village est d’un accès malaisé, et cette année la canicule a été éprouvante pour toute l’équi¬pe. Mais ces diffi¬cultés sont largement compensées par la beauté du site, l’enthousias¬me et le sérieux des jeunes étu¬diants bénévoles qui consacrent plusieurs semaines de leurs vacances à ce chantier et enfin par l’intérêt du matériel archéologique découvert.


Avez-vous trouvé des objets particulièrement intéressants ?

Oui, bien sûr ! Nous avons par exemple mis à jour et partiellement restauré de la belle vaisselle polychrome du 15ème siècle qui provenait de Toscane, de Ligurie et même beaucoup plus loin de Valence en Espagne. On a retrouvé aussi beaucoup de poteries de cuisine fabriquées souvent dans le village mais aussi dans le nord de la Corse qui fournissait de grands récipients en argile amiantée très appréciés des villageois. On recueille aussi beaucoup de petit matériel métallique concernant l’équipement des guerriers à cheval. Mais tout intéresse les archéologues aujourd’hui et pas seulement les beaux objets mais aussi les ossements animaux, les graines brûlées et les charbons recueillis autour des foyers ou dans les dépotoirs du village ! Les analyses de ces restes réalisées par des spécialistes fournissent des informations intéressantes sur la chasse (notamment la chasse au cerf), sur l’alimentation des habitants et même sur le paysage dans lequel s‘inscrivait le village il y a 500 ou 600 ans (vergers, oliveraies, pièces de vigne…).

Avez-vous un projet que vous aimeriez voir se concrétiser ?

Oui, je souhaiterais intéresser les collectivités et l’Etat à la protection du patrimoine bâti de ce village médiéval qui est exceptionnel en Corse du Sud. J’aimerais également que le Musée de Préhistoire Corse et d’Archéologie de Sartène consacre une partie plus importante de ses nouveaux locaux à la présentation de ce qui a été découvert sur ce site.
four abreuvoire, bénitier ?
vue de la vallée
depuis le plus haut rocher
pierre sculptée

 




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