Monuments d'Italie
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Ville :Verone
Région : Vénétie
Monument : Basilique San Zeno cliquez pour voir la carte de la Vénitie

  Plan de la basilique

Photo juillet 2012


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D'après la tradition, la primitive église San Zeno a été élevée sur le tombeau du saint Patron de Vérone entre la fin du VIIIè siècle et le début du IXè avec la contribution du roi Pépin.
Les trésors de peinture et de sculpture accumulés au cours des siècles, ainsi que les souvenirs historiques dont elle rend témoignage, contribuent à faire de la basilique San Zeno l'un des monuments romans les plus importants d'Italie, sans doute la plus belle église de Vérone.
Les marbres et les bronzes du grand portail, ainsi que le triptique que Andrea Mantegna a exécuté expressément pour le maître-autel, méritent particulièrement notre admiration. Entre autre, l'église abritait jadis le "Carroccio", sorte de char de guerre, symbole des libertés communales.
Même si quelques historiens voudraient faire remonter l'origine de l'église San Zeno à l'époque paléochrétienne, elle ne fut élevée, comme on vient de le dire, que vers la fin du VIIIè siècle ou le début du IXè. Mais à part quelques vestiges, il n'en subsiste presque rien. La construction de l'église romane actuelle commença après le tremblement de terre de 1117, qui avait sans doute endommagé l'ancien édifice.
Dans l'ancienne église du IXè siècle on vénérait déjà la dépouille mortelle du huitième évêque de Vérone, San Zeno, auquel la basilique est dédiée. Le culte du saint, qui avait surgi tout de suite après sa mort, survenue vers la fin du IVè siècle, se développa de plus en plus autour de son tombeau.
Depuis l'époque carolingienne, est attestée l'existence d'un monastère bénédictin auprès de la basilique.
A témoignage de l'ancienne spendeur du monastère qui devint par la suite abbaye, il subsiste encore aujourd'hui une tour du XIIIè siècle, à coté de laquelle s'ouvre un édifice d'entrée, et un très beau cloître à petites colonnes géminées.
A coté du cloître, on peut aussi admirer un petit "sacellum" dédié à Saint Benoît, exécuté au XIIIè siècle, avec des matériaux de remploi, en partie romains, en partie paléochrétiens.
Le chantier de la basilique romane s'ouvrit probablement vers 1120. Ensuite, en 1138, on situa sur la nouvelle façade un porche (protyron), qui plus tard fut transporté sur la façade actuelle. En haut s'ouvre la grande rosace de la Roue de Fortune.
Bientôt, autour de San Zeno, à dû surgir une Villula, une petite ville, un burgus Sancti Zenonis, dont le monastère constituait sans doute le centre de gravité et le catalyseur.
La date de naissance de ce bourg est incertaine, le premier document qui le concerne porte la date du 24 juin 813: l'évêque Ratoldo donne aux clercs de Santa Maria Matricolare les dîmes des habitants de la zone.
A coté de la basilique élevée par les soins du roi pépin et de l'évêque Ratoldo, avec la collaboration d'un autre éminent personnage de Vérone, l'archidiâcre Pacifico, se développa bientôt le monastère bénédictin soumis à l'autorité de l'évêque. En effet, des fouilles récentes ont révélé l'existence de vestiges remontant à l'époque carolingienne. Il s'agit particulièrement des restes d'un mur limitant le cloître à l'ouest, contre lequel, déjà à cette époque, devait s'appuyer le bâtiment d'entrée de l'abbaye. Du coté de la place, ce bâtiment devait s'aligner à la façade de l'église carolingienne, plus arriérée par rapport à l'actuelle église d'époque tardo-romane. Ce mur, bâti avec des rangées de petits claveaux en pierre alternant avec des rangées de briques, remonte probablement au haut moyen âge. Un grand portail ouvert récemment donnait sur le coté Nord-Ouest des galeries du cloître.
Lors de leurs séjours à Vérone, les empereurs logeaient dans le monastère. Déjà en 878, un diplôme du roi Carloman, rédigé dans le cloître, témoigne avec certitude de la présence d'un souverain dans le monastère de San Zeno. Ce n'est pourtant que, à partir de la dernière campagne en Italie de l'empereur Othon I, que les empereurs commencèrent à séjourner habituellement dans le monastère au cours de leurs voyages. C'est en effet, à partir de cette époque que l'empereur soulève les citoyens de Vérone de l'obligation de le loger gratuitement lui et sa suite.
Dans l'abbaye de San Zeno, l'empereur Othon II présida l'assemblée impériale de 983. Cette assemblée, d'une grande importance internationale politique et économique, contribua à augmenter le prestige du monastère de Vérone. Comme on l'avait fait pour son père et pour son grand père, l'abbé de San Zeno reçut dans son abbaye l'empereur Othon III au cours de ses séjours à Vérone de 996, de 997 et de l'an Mille.
L'hospitalité que le monastère offrait aux empereurs othoniens devait être sans doute onéreuse pour les moines, mais elle n'allait pas sans récompense: Othon I avait déjà octroyé à l'évêque Raterio de quoi reconstruire et achever l'église.

Vous pouvez voir plus de détails en cliquant sur certaines zones :
le médaillon sur le haut de la voute,
la statue de San Zeno,
les 2 statues en haut des colonnes,
les 2 sculptures murales
(à gauche & à droite)
en haut de la porte.
Détail coté gauche   Détail coté droit

LES BAS RELIEFS



Au XIIè siècle, le sculpteur maître Guillaume signe les Histoires de la Génèse sur le coté gauche du porche. Maître Nicolò est par contre l'auteur des sculptures du coté droit représentant des scènes de la Vie de Jésus. En bas, un autre sculpteur a représenté des scènes de combat entre chevalier. De l'autre coté, au dessous des sculptures de maître Guillaume, un autre maître inconnu a représenté la légende du roi Théodoric entraîné à l'enfer.

fresque gauchefresque gauchefresque gauche fresque gauche fresque droitefresque droitefresque droite fresque droite
Coté gauche
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Coté droit
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LE CLOÎTRE

Aujourd'hui, il ne reste plus de l'ancienne abbaye que quelques pièces, la grande tour et le cloître du XIVè siècle.
La glorieuse abbaye avait surgi à coté de la basilique pour célébrer le Saint Patron de la ville à l'époque carolingienne. Au cours des siècles, elle s'était développée et agrandie jusqu'à la fin du XVIIIè siècle.
Lors de sa fondation, l'abbaye était située en-dehors des remparts de la ville, mais depuis l'époque des seigneurs Della Scala, elle avait été englobée dans l'enceinte de la ville, avec le burgus, le petit bourg qui s'étendait tout autour.
Le cloître était le coeur de l'abbaye, il avait la fonction de relier entre eux des lieux différents organisés comme une petite ville autonome.
Le monastère était le lieu ou les moines pouvaient se recueillir dans la paix et dans la prière, mais dans le monastère on devait aussi avoir la possibilité de loger des hôtes très importants, tels que les empereurs et leurs suites, sans oublier les foules des pélerins et des mendiants et tous ceux qui désiraient s'entretenir avec les moines.
Dans sa forme actuelle, le monastère a été édifié vers la fin du XIIè siècle ou le début du XIVè à l'époque du priorat de Joseph Della Scala (1293-1313).
Le grand carré est limité sur les quatre cotés par un bahut soutenant d'élégantes colonnettes jumelles en marbre rouge de Sant'Ambrogio, supportant des arcades à plein-cintre sur le coté sud et en ogive sur le coté nord. A remarquer aussi le lavabo, la "Fontaine" du cloître en dehors de la galerie sur le coté sud.
 
Les inscriptions Peccatum Davidis et Peccata Salomoni (3e Livre des Rois) présentes sur les vestiges d'une grande fresque de la fin du 13e s. découverte vers 1964 dans une salle du cloître canonial de S. Zeno de Vérone, servent à l'interprétation de la fresque de la tour de S. Zeno: là où l'on a vu la représentation de personnes payant un tribut à l'empereur du Saint Empire Germanique, l'auteur propose de voir la Reine de Saba, entourée d'une procession d'orientaux et s'inclinant devant Salomon. Interprétation que vient conforter un document de 1305 parlant d'histoire de Salomon.
Tour de l'ancien monastère qui devint par la suite abbaye. (XIIIè siècle)
Tombeau de Joseph Della Scala,
abbé de San Zeno, que Dante
(le poète Dante Alighieri)
évoque dans sa Divine Comédie.

FACADE EST &
LE CAMPANILE

L'abbé Albéric avec ses moines commença la construction du magnifique clocher San Zeno en 1045. Une inscription gravée sur le coté sud, vers l'angle de la façade, atteste que le clocher a été restauré en 1120, évidemment après le tremblement de terre de 1117. Maître Martino le termina en 1173.
Le clocher haut de 72 mètres fut construit vers 1045.
Au-dessus de la souche, des corniches séparent chaque coté en quatre zones inégales. Un simple feston de petites arcades en tuf, surmontant des lignes de briques en dents de scie, forme les consoles des corniches.
Sur le coté ouest, au-dessus de la seconde corniche, une sculpture romaine représente un homme debout coiffé d'un bonnet phrygien. Plus en haut, un peu vers Midi, on peut voir une petite tête romaine sculptée dans le marbre. Sur la première corniche, dans le pilastre central de la façade vers Midi, apparaît une autre sculpture romaine représentant un petit génie ailé.
Dans la cage, sur chaque coté, s'ouvrent trois fenêtres (la plus petite est au centre), en plein cintre, en claveaux de tuf, avec à l'extérieur un feston de briques.
Les baies supérieures ont été ajoutées un peu plus tard.
Le travail fut achevé en 1398, par les architectes Jean et Nicolas Ferrara, qui donne à basilique sa physionomie actuelle, avec la construction de l'abside gothique et du plafond en carène de navire.

LE PORTAIL
EN BRONZE

Battant gauche Battant gauche Battant gauche Battant gauche Battant gauche Battant gauche Battant gauche Battant gauche Battant gauche Battant gauche Battant gauche Battant gauche Battant gauche Battant gauche Battant gauche Battant gauche Battant gauche Battant gauche Battant gauche Battant gauche Battant gauche Battant gauche Battant gauche Battant gauche Battant droit Battant droit Battant droit Battant droit Battant droit Battant droit Battant droit Battant droit Battant droit Battant droit Battant droit Battant droit Battant droit Battant droit Battant droit Battant droit Battant droit Battant droit Battant droit Battant droit Battant droit Battant droit Battant droit Battant droit Battant droit Battant droit Battant droit Battant droit
Battant gauche
cliquez un panneau pour voir le détail
Battant gauche
cliquez un panneau pour voir le détail
Le portail de la basilique est l'une des merveilles de la sculpture romane européenne. Chaque battant de la porte est décoré de vingt-quatre panneaux de bronze en relief. A gauche, on peut admirer vingts épisodes du Nouveau Testament (trois épisodes sont répétés) et un mascaron.
A droite , le sculpteur a exécuté dix huit épisodes de l'Ancien Testament, saint Michel, quatre épisodes de la vie de San Zeno et un autre mascaron. Le long de la huisserie de la porte, des panneaux plus petits représentent des personnages couronnés, des saints et des allégories. Ces bronzes sont attribués au moins à deux sculpteurs différents et peuvent remonter en partie au XIè ou au XIIè siècle et, en partie au XIIè ou au XIIIè siècle.


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INTERIEUR

Nef centrale

 
Les fonts baptismaux
 
Bénitier
Maître Brioloto a exécuté aussi les fonts baptismaux (XIIIè siècle). D'après quelques historiens, il s'agirait du balneum (les bains), où l'âme est purifiée par l'eau baptismale. Une inscription, que le sculpteur a muré à coté, justifie cette opinion.
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Le bassin de porphyre est un ancien labrum lustrale qui devait appartenir aux thermes romaines de Vérone. On l'employait pour les ablutions d'eau froide. Une légende raconte que c'est San Zeno lui-même qui aurait imposé au diable de transporter le bassin dans l'église.
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San Zeno souriant
Une grande statue de marbre, située dans la petite abside à droite du maître-autel, représente l'évêque Zeno en chaire, revêtu de l'habit pontifical et coiffé de la mitre. Il tient à la main sa crosse, bâton pastoral d'évêque, symbole de son autorité, d'où pend un poisson (Saint Zeno pêcheur). On ignore l'auteur de cette statue, mais il s'agit sans doute d'un véronais du XIIIè siècle. A ce maître on pourrait peut-être attribuer aussi les deux animeaux en marbre rouge qui soutiennent les colonnes de l'autel de l'église inférieure et qui représentent les Evangélistes Saint Marc (le lion) et Saint Luc (le boeuf). La statue de Saint Zeno montre encore les restes d'une peinture polychrome primitive.

LA CRYPTE
La crypte actuelle, où l'on vénère la dépouille mortelle de San Zeno, a été probablement creusée à l'intérieur de l'église dans les premières décennies du XIIIè siècle, englobant et agrandissant une petite "confession" où, depuis l'époque carolingienne, on vénérait les reliques du saint.
D'après des documents datés 1217 et 1227, c'est maître Adamino de San Giorgio qui a sculpté les frises qui décorent l'entrée.
Une série de statues représentant le Christ et les Apôtres surmonte la balustrade qui sépare l'église supérieure de l'église inférieure. Un maître du XIIIè siècle a exécuté les statues.
 
La tradition veut que Roméo et Juliette se marièrent dans sa crypte à cette époque. En 1870, l'escalier monumental du Cinquecento est remplacé par les actuels escaliers latéraux et par l'accès central à la crypte. Selon la volonté de la République de Venise, le monastère cesse ses activités en 1770 et la basilique devient paroissiale en 1806.



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LE TRIPTYQUE &
LES FRESQUES

Triptyque, de forme polyptyque avec prédelle, d'Andrea Mantegna.
Dimensions 480 * 450 cm environ.
Andrea Mantegna a exécuté son triptyque San Zeno entre 1457 et 1459.
La perfection de la technique et la sublime beauté de l'inspiration et de l'élaboration de son œuvre pourraient faire penser à un peintre déjà parvenu
au sommet de son art, alors que Mantegna n'avait pas encore atteint l'âge de trente ans et qu'il devait donc encore s'attendre bien d'autres succès.
Entre 1457 et 1459, pour la nouvelle restructuration de la basilique, l'abbé Gregorio Correr avait formulé, avec la collaboration d'Andrea Mantegna, un projet architectural tout à fait exeptionnel.
Entre la grande abside et une partie de l'église supérieure, l'architecte avait réalisé un emplacement (démoli par la suite), limité par une balustrade en faux marbre. Au milieu, au dessus de l'autel, on avait situé le triptyque, exposé à la vénération et à l'admiration de tout le monde, particulièrement des moines qui, chaque jour, passaient dans ce lieu plusieurs heures, récitant leurs prières.
Ce lieu, ou la réalité et la représentation peinte s'unissaient, créait une atmosphère de grande spiritualité suggérant la méditation et la prière. En effet, le milieu architectural, que le peintre avait représenté, continuait et portait à sa conclusion le milieu réel moyennant une corniche évoquant un arc de triomphe romain, au-delà duquel s'entretiennent paisiblement la Vierge et les Saints du triptyque.
Malheureusement, en 1797, les soldats de l'armée française transportèrent en France le triptyque, qui ne retrouva sa place qu'en 1815.
La prédelle du triptyque resta cependant en France : les panneaux authentiques de la Prière au Mont des Oliviers et la Résurrection sont maintenant au musée de Tours, celui de la Crucifixion est au musée du Louvre. Le peintre Paolino Caliari a réalisé pour San Zeno les copies des trois panneaux.

Saint Pierre, Saint Paul, Saint Jean l'Évangéliste, Saint Zénon. La vierge sur un trône avec l'Enfant et des anges Saint Benoît, Saint Laurent, Saint Grégoire, Saint Jean-Baptiste
     
Prédelle gauche
L'Agonie au jardin des oliviers
Prédelle centre
La Crucifixion
Prédelle droite
La Résurrection

Combien de représentation de la Vierge à l'enfant dans cette basilique ?
Les fresques, presque toutes votives, peintes sur les murs latéraux de l'église, sont nombreuses. L'une des plus ancienne, située sur le coté sud de l'église plébéienne, remonte au XIIè siècle et représente un Saint Christophe. Parmi les fresques de l'église supérieure (toujours le long du coté sud), on peut remarquer le Baptême du Christ (XIVè siècle), la Résurrection de Lazare (XIVè siècle), les Saints Benigno et Caro transportant le corps de San Zeno (XIVè siècle), et Saint Georges qui tue le dragon (XVè siècle).
Au-dessus des fresques, on remarque des inscriptions gravées évoquant des événements historiques: la crue de l'Adige du 3 août 1239, qui emporta ("meno via") le Pont Neuf, le Pont della Pietra et le Pont delle Navi; l'occupation de Vérone de la part de Gian Galeazzo Visconti le 29 juin 1390; la décapitation de Carmagnola à Venise le 16 mai 1432; le tremblement de terre de 1695.
Sur la paroi d'en face, dans le bas-coté nord, au-dessus de la porte de la sacristie, on peut admirer une crucifixion de l'atelier d'Altichiero du XIVè siècle, ainsi que des fresques du XIIIè siècle, qui constituaient la toile de fond du tombeau du cardinal Aleardo, évêque de Vérone. Actuellement, le tombeau est situé dans le cloître.
Dans la grande nef, en haut, à droite, une grande fresque de l'atelier de Altichiero représente l'Abbé présentant ses moines à la Vierge. Sur la grande arcade de la nef majeure on remarquera particulièrement l'Annonce faite à Marie attribuée à Martino de Vérone, qui a exécuté aussi la Crucifixion, San Zeno et d'Autres Saints situés dans l'abside.


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