Eglises de France Continentale
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R├ęgion Auvergne
D├ępartement 43 - Haute-Loire
Ville Brioude
Monument BASILIQUE SAINT-JULIEN DE BRIOUDE

  Lors de ma visite, fin septembre 2010, dans cette ville très sympathique
la météo n'était vraiment pas clémente et les photos en extérieures
ne rendent pas totalement la couleur de la pierre.


Saint Julien, son martyre et son culte.
"Benigna Brivas"... "Brioude la douce qui garde les ossements de saint Julien": telle est la première mention écrite par Sidoine Apollinaire vers 464-465 dans Carmina, plus de 150 ans après le martyre.
A partir des diverses autres sources (Grégoire de Tours surtout) quelques historiens s'accorderaient à dire que Julien aurait été victime d'une flambée de fanatisme: "chrétien massacré par un groupe de païens réunis pour une cérémonie cultuelle, et enflammés par une de ces explosions collectives de fanatisme, qui ne sont point rares dans de telles assemblées. Peut-être percevait-on aussi un souvenir de la contre offensive chrétienne, proche ou à retardement, qui aurait infligé un bain forcé aux dieux païens." (P-F et G. Fournier)
L'hagiographie en fait un légionnaire romain de Vienne (Dauphiné) sous les ordres du tribun et ami Ferréol, fuyant les persécutions d'un certain Crispinus, émissaire de l'empereur Dioclétien. Découvert, il se livre et est décapité par ses persécuteurs qui lavent sa tête ensanglantée dans une source (aujourd'hui appelée fontaine Saint Julien à l'extrémité nord de la ville de Brioude) et l'emportent à Vienne où elle sera enterrée avec le corps de Ferréol, martyrisé lui aussi.
Le corps de Julien est transporté par deux vieillards, Arcons et Ilpize, du lieu du supplice à l'actuel emplacelent du choeur de la Basilique où ils l'enterrent. S'accomplit alors le premier miracle: les deux vieillards "retrouvèrent la vigueur de leur jeunesse."
Trè vite "la renommée de son martyre se répandit partout"
La basilique d'hier à aujourd'hui:
Face à l'affluence des pélerins, l'oratoire que fit édifier la Dame espagnole (voir icône vie de saint Julien) pour l'exaucement de son voeu, ne suffisait plus.
A l'époque mérovingienne (fin Vè siècle) on construisit une basilica sur le tombeau tandis que se développait le quartier religieux avec un baptistère, un monastère et des dépendances. A l'époque carolingienne où le célébrant officiait sur l'autel-tombeau de saint Julien, le podium carré fut entouré d'un emmarchement de mosaïques (entrelacs) et surmonté d'un ciborium que les fouilles de G. Fournier identifièrent.
L'époque romane: La construction romane s'est déroulée sur un siècle avec la destruction progressive de l'édifice antérieur et la continuité des cultes et des processions.
Les transformations gothiques: Les travaux commencèrent peu après l'achèvement du chevet (XIIè et XIVè siècle) : surélévation du vaisseau roman au profit de baies gothiques rayonnantes, innondant de lumière les parties hautes.
Au XVIè siècle: le pavement de la chapelle de la Croix.
Commandités par la famille de Langhac - dont plusieurs membres furent chanoines-comtes - les travaux du XVIè siècle ajoutèrent une chapelle, dite de la Croix, aux armes de cette famille et firent du sol un "tapis de calade" : à partir de simples galets de rivière, on réalise un étonnant décor en camaïeu, aux symbolismes géométriques (volutes, fleurs de lys stylisées, entrelac, palmettes, cercles...) ; cette profusion décorative ignorée jusqu'à sa découverte forfuite en 1963 fait aujourd'hui l'une des beautés singulière de l'édifice.
Stigmates révolutionnaires et premières restaurations.
En 1794 le clocher occidental disparaît et le clocher polygonal de la croisée est décapité. Nef et bas-cotés sont recouverts d'un grand toit pentu et un porche de style classique avec colonnes et fronton est plaqué contre la façade occidentale.
Classé monument historique dès 1840, l'édifice verra se succéder plusieurs campagnes de restauration : combles, couverture en tuiles romaines (avec le modèle ancien retrouvé, puis plus tard par des lauzes de phonolite sur chevet et porches)... .

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Référence des textes : La Basilique Saint-Julien de Brioude
de Christiane keller aux Editions du Cerf



Façade est, le chevet
Façade nord-est Façade nord
 
Façade nord  
coté nord au centre coté sud
Chapiteaux à gauche et à droite de la porte centrale
Porte sud
Le heurtoir de gauche présente un faciès de singe malicieux avec l'inscription
en latin traduite ainsi : Par de séduisants mensonges, le prince de ce monde
captive les hommes.
Le heurtoir de droite présente une tête de lion avec ces paroles : Je nais sans vie, le souffle de la bouche de Dieu
me donne vie
.
 


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Quelques fenêtres du chevet

Quelques détails de la corniche du chevet

Quelques détails de chapiteaux du chevet


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Saint-Jacques
(marbre XVè siècle)
en costume de pélerin, le couvre-chef décoré de la coquille vous accueille dans une niche sous le porche nord.
Travée centrale
vers l'autel
Travée centrale
vers la porte
occidentale
Travée sud Travée nord Déambulatoire
derrière le choeur
Plafond de la travée centrale Au dessus du choeur


Autel
Le calvaire de la Chapelle de la Croix.
Oeuvre magistrale de Vanneau, l'un des bons sculpteur de la fin du XVIIè siècle, l'ensemble sculptural de la scène du Calvaire présente le Christ en croix,
la Vierge, saint jean, sainte Marie-Madelaine, sainte Marthe et deux disciples
en pleurs. En bas-relief:
le prophète Elie dans le désert et sur le coté gauche, Hugues de Collonges, prévôt du Chapitre.
La Vierge dite du Chariol
En lave, datée du XIVè siècle, elle était autrefois
à l'angle d'une maison
de Brioude.
A remarquer: la finesse
de la chevelure
et la longueur
de ses doigts.
La Vierge parturiente
(XIVè siècle)
"Je porte un enfant, et dans mes yeux l'étreinte sublime qui l'a conçu" (François Deghelt), semble-t-elle dire, sereine.
Figuration rare et belle
de la Vierge
au moment de la Nativité.
La Vierge à l'oiseau
La grâce de son sourire
et de son déhanchement
font tout le charme
de cette Vierge à l'oiseau,
en bois doré
de la fin du XIVè siècle.
La voûte à l'arc brisé
qui l'encadre fut découverte au cours des fouilles de 1957.

Magnifique mobilier en bois
Bénitier Pavement
en galets de rivière


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Porteurs de moutons Dresseur de singes L'avare
    Sirènes
Combat de chevaliers    
     


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Quelques fresques
Le pilier des prophètes ouvre un cycle des Ecritures.
Moïse est là avec ses tables de la Loi, son frère Aaron, Isaïe.
Des scènes historiées on devine l'entrée à Jérusalem, la Cène
(ou le repas chez Levi ou Emmaüs)
Voir aussi : Détail
La draperie feinte ou velum voisine avec la tête dite de l'Egyptienne ou de la Médisance ?
au-dessus de l'homme à la sébile qui appelle les fidèles à la générosité.
Est-il à mettre en lien avec le chapiteau de l'avare ?


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La chapelle Saint-Michel
"Ce décor offre sans aucun doute la version la plus achevée en Auvergne de la vision d'un ciel promis à ceux qui seront fidèles au Christ comme les anges qui l'entourent. Trônant au centre de la voûte que l'architecte a su aplanir grâce à un jeu discret de pénétrations, les pieds sur le scabellum d'Isaïe, le Christ domine un monde angélique très ordonné. Dans une mandorle aux ondulations nuageuse inscrites dans un carré, le Juge bénit de la dextre et tient un livre fermé. L'alpha et l'oméga rapellent qu'il est le commencement et la fin de tout selon l'Apocalypse, et les Quatre Vivants complètent la vision avec deux anges à trois paires d'ailes identifiés: Séraphin et Chérubin, dont les pieds sont posés sur des roues enflammées selon la vision d'Ezéchiel.
Le peintre avait puisé dans ces textes essentiels, les traduisant assez littéralement. [...] Autour, la vision celeste se poursuit avec une centaine d'anges répartis sur les arcs et les voûtains à fond bleu encadrés d'ondulations nuageuses rouges; occupant sans faille tout l'espace, les uns sont réduits à des têtes, les autres à des bustes et, enfin quelques-uns sont en pied, regards et mains convergeant pour tous vers la majesté divine". [...]
La vision de l'enfer
"Après le calme et la béatitude célestes, tout est confusion autour de Lucifer, gigantesque silhouette grisâtre à tête de cheval, dont la double nature humaine et animale était la parfaite image du pécheur selon Grégoire le Grand. Flammes, démons, damnés, animeaux déterminent un grouillement sur fond sombre dans un espace que le peintre a décrit avec l'ébauche de deux murs crénelés et appareillés. A droite, la porte à pentures est même figurée dans une tourelle gardée par un cerbère, gardien du Tartare antique et devenu celui de l'enfer chrétien; un démon y convie une âme dont s'est emparé un autre en pagne rouge et ricanant".
Anne Courtillé

Pour plus de détails, cliquez : la porte, les 2 chapiteaux et les personnages au-dessus de la porte.


La crypte
Cella, cellula, basilica, ce lieu martyrial primitif mérite que l'on s'y attarde.
Memoria architecturale mais aussi mémoire vive ou repose les reliques de saint Julien
et de ses compagnons
saint Arcons et saint Ilpize
dans leur environnement antique
et leur vénération contemporaine.



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