Eglises de France Continentale
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Région Auvergne
Département 63 - Puy de Dôme
Ville Issoire
Monument ABBATIALE SAINT-AUSTREMOINE ISSOIRE

  Visité fin septembre 2010 par temps de pluie; dommage car le matin au soleil levant sur le chevet c'est un enchantement de douceur et d'harmonie.

La légende prétend que Saint Austremoine aurait fondé un monastère à Issoire. Â dire vrai, aucun document ne vient étayer une telle fondation. C’est un texte du IXè siècle, donc bien postérieur, qui contient cette assertion : cela prouve seulement l’ancienneté de la vie monastique. La première mention d’une abbaye dédiée à Saint Austremoine figure dans un document de 927. Il est ensuite question d’une église dédiée à Saint Pierre et à Saint Austremoine dont on fait remonter la construction au Xè siècle : Bernard, évêque de Clermont, procède à sa dédicace en 937. Le monastère connaît alors une période faste de développement et de prospérité qui lui permet de construire, au XIIè siècle et en concervant certaines parties de l’ancienne, l’église abbatiale, dédiée au premier évangélisateur de la région, et actuel joyau architectural d’Issoire. A la fin de la période romane on comptait 24 moines prêtres, ainsi que des novices et des frères convers.
  partir du XVè siècle, la situation se dégrade. Trois facteurs ajoutent leurs effets pernicieux :
 - le principe féodal. En 1462, le cardinal Charles de Bourbon qui cumule plusieurs bénéfices, décide de réduire le nombre des moines à vingt, ce qui augmente momentanément l’aisance de chacun, mais hypothèque l’avenir.
 - Le Concordat de Bologne  (1516), entre François Ier et le pape Léon X, donne au roi la nomination à certaines charges ecclésiastiques; ce qui aboutira au système de la commende, donc à un appauvrissement des revenus laissés à la disposition de l’abbaye et à un certain relâchement de la discipline.
 - la guerre civile. En 1575 ; lors des guerres dites « de religion », les soldats du capitaine huguenot Merle s’emparent d’Issoire, saccagent l’abbatiale, tuent quelques moines, détruisent le mobilier, brûlent le chartrier. Les combats de la Ligue (1585-1589) entraînent de nouvelles destructions. C’est alors que le jacquemart à trois personnages est transporté à Clermont, où l’on peut le voir de nos jours à la cathédrale.
Un texte de 1598 rapporte : « … que l’église, que le clocher et les deux grandes tours qui sont sur la porte estoient tout découverts, que les fenêtres de l’église estoient sans fermements et sans vitres, que les chaires du chœur avoient esté rompues,.. que les cloches furent abattues ». On peut s’étonner que l’édifice ait réussi à demeurer debout dans un aussi pitoyable état, voûtes exposées aux intempéries pendant plus de deux siècles : faut-il une autre preuve de la solidité du travail réalisé par les corps de métier du Moyen Age ?
 La prospérité d’antan est bien révolue. Malgré un certain renouveau, après que l’Abbé Martial Chanut a décidé l’affiliation à la Congrégation de Saint Maur en 1665, les moines connaissent une gêne financière qui interdit toute réparation d’envergure. Pendant tout le XVIIIè siècle leur nombre ne dépasse pas six. La suppression des ordres religieux par la révolution de 1789 marque la fin de dix siècles de vie monastique à Issoire dans une abbaye « qui était pourtant, de par ses origines, la plus vénérable d’Auvergne ».

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Référence du texte de cette page:
L'abbatiale Saint-Austremoine de Raoul Ollier
Brochure réalisée par La Paroisse Saint-Austremoine
Editions Gaud


Façade occidentale
Porte occidentale
Façade sud-ouest
Façade sud-est
Détail mur sud
Façade est

? Le bélier et le taureau Les gémeaux
Le cancer Le lion La vierge
La balance Le scorpion Le sagittaire
Le capricorne Le verseau Les poissons
     
On peut s'étonner de voir un Zodiaque sur le chevet d'une église: c'est en effet un très ancien signe païen (monnaies antiques, temples égyptiens). On avait repéré que le soleil se lève à l'horizon sur une bande, dite zodiacale, qu'il semble parcourir en l'espace d'une année. Les deux équinoxes (21 mars et 21 septembre) et les deux solstices (21 juin et 21 décembre) divisent la bande en quatre parties égales, de 90 degrés, chacune : les saisons. Elles sont symbolisées par quatre constellations remarquables : le Taureau, le lion, le scorpion, le verseau. On en adjoignit ensuite d'autres afin d'aboutir au nombre 12 qui permet une division facile des 360 dégrés de la bande. Le Zodiaque, c'est donc le temps qui passe, la succession des saisons, des mois et des travaux qui s'y rattachent.
Ce motif païen a pu être facilement intégré dans l'iconographie chrétienne. Le Christ assimilé au soleil, rythme la vie des humains. De plus 12 Apôtres; enfin 4 (les choses matérielles) multiplié par 3 (la Trinité), c'est la matière pénétrée par l'Esprit. L'idée de placer un Zodiaque autour du choeur, où se célèbre l'Eucharistie, trouve ainsi une explication séduisante.


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Nef et Choeur
Autel
Façade occidentale et bas-cotés
Plafond du transept
Plafond de la nef
St Austremoine XVè S.
Lutrin et bénitier
Notre Dame de pitié


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La Résurrection La Cène
La Passion Les Apparitions du Christ
 
Le diable et les damnés L'annonciation  
     
La Cène :
Sur la deuxième pile nord, celui qui représente la Cène est le plus célèbre : il a même fourni le motif d'un timbre poste ! La table sans pied, recouverte d'un nappe, ceinture les douze Apôtres et le Christ. Ce dernier pose la main sur l'épaule de Saint Jean dont la tête est appuyée sur sa poitrine. Un seul Apôtre n'a pas de nimbe : c'est Judas. Alors que chaque face contient trois personnages, il est le seul à être placé dans un angle, brisant ainsi l'harmonie de l'ensemble du banquet eucharistique. Sa main tendue tient le morceau de pain qui signifie sa trahison.
La Passion :
En vis à vis, sur la deuxième pile sud, on voit deux moments de la passion : la flagellation et le portement de croix. Il est à noter combien le sculpteur a évité tout ce qui pourrait évoquer la brutalité ou la violence. Le Christ, attaché au poteau par une corde, semble impassible; les soldats le touchent à peine; la croix est de petite taille. Sur les deux autres faces, des Apôtres, et aussi une femme (s'agit-il de la Vierge ? ) expriment leur tristesse par une attitude symbolique, la main appuyée contre la joue.
La Résurrection :
Sur la quatrième pile nord, c'est la visite des Saintes Femmes au tombeau. Le sépulcre est curieusement représenté sous la forme d'une chapelle romane, avec un portail, des fenêtres voûtés, une corniche à modillons. Il est gardé par deux anges. Les femmes s'approchent portant des aromates, tandis que, au-dessous de leurs boucliers suspendus, dorment des gardes revêtus d'armures en usage au milieu du XIIè siècle.
Les Apparitions du Christ :
Sur la quatrième pile sud sont figurées des apparitions du Christ après sa Résurrection; à Marie-Madeleine qui s'agenouille en tendant les bras, à l'Apôtre Thomas : son Maître lui prend la main pour la mettre dans ses plaie. Et ce porteur de la Bonne Nouvelle tenant fermement le Livre entre ses mains... Sur une dernière face, des édifices (Jérusalem ? ) se superposent au-dessus d'un mur crénelé. Au sommet de l'une des hautes tours, un personnage sonne l'olifant.
Malheureusement ces chapiteaux ne nous sont pas parvenus intacts. Ils ont souffert du passage des hommes du capitaine Merle en 1575, puis ont été restaurés au mastic. Une autre restauration, en stuc, fut effectuée en 1838. Une troisième fut faite, en ciment romain, en 1852. Et par-dessus se place le violent bariolage de Dauvergne à partir de 1857. Aussi est-il difficile de porter un jugement sur leur plus ou moins grande authenticité et sur leur valeur artistique, ce qui signifie en aucune façon qu'il faille les mésestimer.

La Crypte

Sur l'autel se trouve une statue, oeuvre d'Henri Charlier: Nodre-Dame du Précieux Sang. C'est un ex-voto de la ville d'Issoire pour n'avoir pas été atteinte par l'invasion de Juin 1940.
 
La châsse de saint Austremoine
Derrière une grille a été installé, en 1962, une châsse qui surprend par ses petites dimensions. Elle avait été acheté, vers 1853, par l'abbé Daguillon pour y déposer des reliques de Saint Austremoine. C'est une fort jolie pièce du XIIè siècle, en émaux champlevés de Limoges, où sont représentées, sur une face, la visite des Saintes Femmes au Tombeau et, sur le toit, l'apparition du Christ à Marie-Madeleine.



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