FRANCE
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Ville :PARIS
Département : Paris
Région : ÎLE DE FRANCE
Monument : Eglise Saint-Martin-des-Champs

  Cette église, maintenant l'école de Arts et Métiers et son musée (qui se visite), est située 60, rue Réaumur dans le 3ème arrondissement de Paris
Métro Arts et Métiers
 


Des Mérovingiens à la fondation royale
De récentes fouilles archéologiques l’ont confirmé : une basilique funéraire mérovingienne des VIe-VIIe siècles, réaménagée au temps des Carolingiens, précéda Saint-Martin-des-Champs.
Le prieuré Clunisien
En 1079, Philippe Ier transfère à l'abbaye de Cluny, dirigée par saint Hugues, la propriété de Saint-Martin-des-Champs.
Du roman au gothique
L'abbé Lebeuf, au XVIIIe siècle, suivi au XIXe siècle par Jules Quicherat et Viollet-le-Duc, avait proposé de rapporter à la fin du XIe siècle la partie la plus ancienne de la chapelle.
L'époque gothique
Sous les règnes de Louis VIII (1223-1226) et Louis IX (1226-1270) s'édifient la chapelle particulière des Arrode, aux abords de l'église, le cloître, le réfectoire des moines, chef-d'œuvre de l'art gothique, et la seconde nef de l'église.
En 1321, Bertrand de Pébrac obtient le priorat de Saint-Martin-des-Champs. Sa probité infaillible le distingue de nombre de ses successeurs ! C’est en effet sur son initiative qu'est rédigé, en 1340, un code des offices du prieuré.
Conseiller du roi et premier président au Parlement créé par la reine Isabeau, Philippe de Morvilliers fut un fin politique. En 1426, ce riche patricien fit établir avec sa femme Jehanne du Drac des lettres de fondation en faveur de Saint-Martin-des-Champs. Un contrat très circonstancié fut passé avec le monastère et son prieur, Jacques II Seguin. Les époux Morvilliers, qui voulaient être enterrés dans la chapelle de Saint Nicolas (l'une des absidioles distribuées par le déambulatoire de l’église), assortirent leur fondation de conditions drastiques : interdiction d'admettre toute sépulture étrangère au couple bienfaiteur sans son consentement dans la chapelle de Saint Nicolas ; abondance de messes, processions, prières et collectes à son intention. En dépit de ces clauses, le bénéfice était grand pour le prieuré. Les moines obtinrent le versement d'une rente «forfaitaire» de 1 600 livres, somme considérable et manne pour Saint-Martin-des-Champs ! En vue de garantir le respect à long terme de la messe perpétuelle qu'il avait fondée pour sa femme et lui, Philippe de Morvilliers dota l'église de fastueux mobiliers liturgiques, inventoriés sous le sceau de la prévôté de Paris le 30 juillet 1429.
Dans les dernières années du XVe siècle, l’abbé de Cluny, Jacques d'Amboise, dépêche à Paris plusieurs conseillers pour amorcer le remaniement administratif du monastère, affecté par les abus des prieurs commendataires qui s’y sont succédé. Jacques d'Amboise confie à Jehan Rolin la réforme des maisons de l'ordre, dont celle de Saint-Martin-des-Champs. Cette réforme des statuts martiniens de 1500 montre dans quelle gestion décadente avait pu tomber le monastère aux XIVe et XVe siècles, et la dégradation relative de son architecture, en dépit des travaux de lambrissage et de pavage du cloître entrepris en 1498 par le prieur André d’Espinay.
L'époque classique
Au cours de l’Ancien Régime, les bâtiments conventuels bénéficient d’embellissements ambitieux. Sous Henri III, un portail monumental, donnant accès à la cour du monastère, est élevé en bordure de la rue Saint-Martin.
La période révolutionnaire
La Révolution décime Saint-Martin-des-Champs. La guillotine n’y laisse que désert et de ses moines, le virulent Fouquier-Tinville écrit en mars

1794 : «L’histoire offre peu d’exemples de fanatisme pareil à celui dont ces religieux paraissent gangrenés [...].»

Cependant, à l’automne 1794, l’heure est enfin à l’apaisement. Un prêtre jureur, l’abbé Henri Grégoire, qui s’était distingué dès 1789 par sa

tempérance éclairée, soumet à la Convention nationale un projet de haut idéal : «Il sera formé à Paris, sous le nom de Conservatoire des Arts et

Métiers.

Du Consulat à l'Empire
Dévasté depuis la Terreur, l’édifice menace ruine. Qui se souvient de ses splendeurs passées ? Échoppes et habitations privées le rongent de
toutes parts. La mairie du VIe arrondissement d’alors y occupe des locaux.
Le 19 octobre 1800, Claude Pierre Molard, qui avait été démonstrateur puis conservateur du prestigieux cabinet de Vaucanson, devient le premier administrateur du Conservatoire.
En mai 1802, les galeries des Arts et Métiers ouvrent enfin leurs portes. Elles attirent bientôt un public enthousiaste et fébrile.
La restauration
En 1817, Gérard Joseph Christian succède à Molard à la tête de l’institution. Dans sa Notice sur le Conservatoire royal des Arts et Métiers, préface au premier Catalogue général des collections imprimé en 1818, Christian rappelle comment les objets de Vaucanson et ceux de Charles ont fourni au Conservatoire de précieuses dotations.
La Monarchie de Juillet
Durant la Monarchie de Juillet, fortement imprégnée par la Révolution industrielle, l’institution s’ouvre plus largement à l’Europe. Les transferts technologiques se multiplient. Espionnage, compétition, exportation et importation deviennent des pratiques courantes. Le Conservatoire (où, en 1819, plusieurs chaires d’enseignement industriel ont été créées) se tourne résolument vers la course au progrès.
Le Second Empire
La «restauration» des bâtiments médiévaux, menée par Léon Vaudoyer au milieu du XIXe siècle, s’inscrit dans un processus de réhabilitation de l’ancien prieuré, au profit du Conservatoire et de ses besoins nouveaux. Conformément au goût et aux normes du temps, l’architecte substitue divers pastiches à certains éléments d’époque, par trop dégradés ou précaires. «On croyait devoir remettre à neuf les édifices anciens. On s'appliquait à en atténuer les irrégularités, à faire régner partout l'ordre et la netteté.» La chapelle axiale de l'abside, qui donne au XIXe siècle sur la rue de Breteuil (devenue rue du Général Morin), subit ainsi, selon l'expression de Lefèvre-Pontalis, une «restauration beaucoup trop radicale de M. Vaudoyer».
La Belle Époque
Les Expositions universelles de 1889 et 1900 stimulent vivement l’essor des collections. Une faveur particulière est alors accordée aux arts «appliqués à l’industrie et aux métiers». D’une plume enthousiaste, un journaliste n’hésite pas à proclamer : «Le Conservatoire des arts et métiers, merveilleux musée, création géniale d’esprits supérieurs, est tout bonnement un des trésors du grand Paris - on le sait bien à Londres et à Berlin !» Par ailleurs, un décret du 24 septembre 1904 instaure au Conservatoire un Musée de la prévention des accidents du travail et d’hygiène industrielle.
La période contemporaine
Après la première guerre mondiale, le musée accuse une léthargie passagère. Il est revivifié dans les années soixante par Maurice Daumas qui célèbre, dans des expositions restées mémorables, l'éclosion capricieuse des temps modernes : «Le siècle de l’automobile», en 1961 ; «Hydraulique d’aujourd’hui», en 1963 ; et surtout, l’année suivante, «L’espace», qui attire au Conservatoire trente mille visiteurs ! Mais l’entassement hétéroclite des collections, la vétusté de leur présentation, exigent un traitement de choc. Dominique Ferriot initie dès 1990 un vaste programme de rénovation. Après plusieurs années d’une patiente métamorphose, le musée renaît enfin in situ. À travers sept grands domaines et quatre périodes-clefs, l’exposition permanente offre à voir quelque six mille objets reflétant les facettes les plus variées de l’histoire des techniques. L’itinéraire couvre trois amples niveaux, avant d’aboutir à cette chapelle mythique des Arts et Métiers, restaurée dans toute sa fraîcheur du siècle dernier. Le parti scénographique et muséologique tiré des structures architecturales existantes favorise la découverte autant que l’émerveillement. Il fallait, autre gageure, préserver l’esprit du lieu, son mystère et son charme ; innover dans le respect d’une double tradition, millénaire et bicentenaire ! Au public, à présent, de juger...


Référence du texte : http://www.arts-et-metiers.net
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abside (Square du Général MORIN)
façade sud-ouest (rue Réaumur)
façade sud-est (rue Réaumur)
   
  façade ouest (rue Saint-Martin)  

Détails des modillons de l'abside
 


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